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vendredi 28 mars 2014

HISTOIRE / FCM / LES CHANTIERS / LES TRAVAILLEURS / LES ENFANTS / XIX ème / Début XXème siècle

 
 
 




 
 







L’ENFANCE AU TRAVAIL  AUX CHANTIERS DE LA SEYNE (années 1930)

Mrs Autran, Valdacci, Botto, Piana et Mme Giloux
 

Transcription à partir d’un document vidéo réalisé par " Les Relais de la mémoire ".
Loi du 30 juin 1928 : Conditions du travail.

ARTICLE PREMIER : Les enfants ne peuvent être employés ni admis dans les établissements visés à l’article ci – dessus avant l’âge de 13 ans révolus.

ARTICLE 2 : Toutefois, les enfants munis du Certificat d’Études Primaires, institué par la loi du 28 mars 1882, peuvent être employés à partir de l’âge de 12 ans.

ARTICLE 6 : La durée du travail effectif des ouvriers ou des employés de l’un ou l’autre sexe et de tout âge, ne peut excéder soit 8h par jour, soit 48h par semaine.

Mme GILOUX : En quelle année vous êtes rentré aux Chantiers ?

Charles BOTTO : En 1933, le 3 octobre 1933.

Mme G.: Vous aviez donc 13 ans ?

C. B. : 13 ans. Il n’y avait pas d’apprentissage. Tu veux rentrer ? On t’embauche : " Chauffeur de clous ". Allez !

Jo VALDACCI : Moi j’ai été surpris parce que je travaillais dans un atelier, il était grand et haut. Et là, j’ai été surpris …Je regrettais l’école Martini. Je vous raconte pas, c’était pas l’école Martini. C’est vrai… c’est vrai. Et le soir, je me languissais, il me tardait de sortir pour aller voir mes copains. Pour être surpris, j’ai été surpris, parce que dans les ateliers, il y a rien de gai… Ca refroidit…ça refroidit… Et puis alors tu connais personne. Tu connais pas… les gens. Peut-être j’exagère, mais quand je suis entré travailler…. C’était presque une punition pour moi. J’ai demandé à aller travailler. Mais je croyais pas que le travail était si… si dur !
C’est assez normal certainement quand je suis rentré dans l’atelier…je suis presque certain que je me suis envoyé les mains aux oreilles. On m’a envoyé à bord. Ca a été dur pour moi. J’étais perdu là…


Mme G.:A bord, quel était le type de travaux qui te faisait le plus peur ?

J. V. : C’est la hauteur des bateaux. J’ai travaillé à bord du Montcalm, le premier Montcalm, et c’est quand je montais les escaliers. Parce que j’ai le vertige. J’ai toujours craint le vertige. Après quelques mois, progressivement on m’a exempté de monter à bord. De monter dans les coupelles, c’était mortel pour moi. Et le bruit alors, il m’a rendu sourd le bruit. C’était pas une partie de rigolade… Je regrettais…

 Mme G. : Est-ce que vous étiez fatigué ?

J. V. : Oh oui. Oh là, là. J’avais de la peine. Je faisais de la gymnastique à cette époque. Mais j’avais de la peine. J’allais à la gym le lundi, le mercredi et le vendredi. J’avais de la peine à aller m’entraîner. J’étais mordu de la gym, mais j’avais de la peine. J’étais fatigué.

 Mme G. : Que faisaient les enfants ?

M. AUTRAN : On les faisait travailler, à quoi ? Ils étaient des manœuvres. Ils arrivaient là, ils ne savaient rien faire. Bien sûr. Ils avaient tout à apprendre. Alors on leur faisait faire des travaux quelquefois pénibles. Parce qu’ils étaient des manœuvres, il fallait transporter des outils, des pièces.

 Jean Baptiste PIANA : L’atelier se trouvait à peu près, par rapport à la place de la Lune, dans le milieu de la place de la Lune. Et alors, avec le charreton, on prenait jusque de là jusqu’aux Mouissèques. Le plus jeune se mettait aux bras. Et il y avait des anciens, de la Marine Nationale, beaucoup. Ils venaient finir leur carrière là, pour compléter un peu. Et ces gens, ils étaient costauds ces bonshommes. C’était d’anciens marins. Et nous on était jeunes. Des fois, il arrivait qu’on tombait, on n’arrivait pas à tenir les bras du charreton, tellement c’était chargé de matériel.

 M. AUTRAN : Alors ces enfants étaient trimballés d’un bord à l’autre et on ne leur apprenait rien. Sauf qu’on leur disait " regarde comment fait l’ouvrier " Et il y en a qui arrivaient à comprendre quelque chose. On les utilisait aussi quelquefois à ce travail qui consistait à tenir l’abattage. Vous savez, à l’époque, la soudure électrique n’existait pas. Il y avait les rivets. Il fallait faire chauffer les rivets au rouge pour les introduire dans les tôles percées et les écraser de part et d’autre. Parce qu’après, avec le refroidissement du métal, ça assurait une étanchéité presque parfaite. Ils faisaient ça. Ils faisaient chauffer les rivets.

J. B. PIANA : Ils perdaient presque la vue, les chauffeurs de rivets : Toute la journée devant la forge, ils n’avaient pas de lunettes. Alors, la poussière de charbon ! Et il fallait faire vite. Ils étaient à la pièce.

Mme G.: Et en somme vous chauffiez des rivets ?

C. BOTTO : Je chauffais les rivets et le chauffeur les écrasait. Quand il arrivait une bordée, il fallait en mettre 3 à 400 par jour…

Mme G.:Cela doit être dur pour un enfant de 13 ans ?

C. BOTTO : Oh, là, là. M’en parlez pas. Inimaginable ! Quand je suis rentré là-dedans : cet enfer du bruit, l’enfer des hommes… ces pistolets tout ça…Une tête comme ça ! C’était très dur, très dur. Vraiment très dur… Ah, c’était dur vous savez ! C’était vraiment dur !.. Je sais pas, si on pourrait recommencer, si on pourrait trouver des gens pour faire tout ça… Je crois pas… Je crois pas…

M. AUTRAN : Quand vous faites ça pendant

10 h, ils avaient quand même gagné leur journée qui s’élevait à l’époque à pas 20 sous par jour. Mais enfin ils apportaient cet argent à la maison. Alors voilà. Ces enfants restaient jusqu’à 14 ou 15 ans à servir de boys. Et arrivé à cet âge là, je sais que c’est arrivé comme ça à mon père, il y avait des adultes qui disaient : « mais enfant, tu es un enfant intelligent, tu vas pas passer ta vie à faire ça. » Il avait passé son certificat d’études. Le certificat d’études à l’époque c’était un diplôme qui avait beaucoup de valeur. Au début du siècle, des municipalités soucieuses de la jeunesse, avaient institué ce qu’on appelait les cours d’adultes de la Bourse du travail. Des cours gratuits. Mais pour ce qui est des enfants, ils ont souffert beaucoup et ils n’apprenaient pas parce qu’il n’existait pas de cours d’apprentissage. Cela n’existait pas dans les Chantiers..



 
 
 





 
 
 

mardi 11 mars 2014

LA CONSTRUCTION D'UN PAQUEBOT / St-NAZAIRE






Avant, dans les années 60, on construisait des paquebots aux chantiers navals de La Seyne.
Maintenant, on construit les grands paquebots modernes aux chantiers navals de St-Nazaire à l'embouchure de La Loire.
Dans cette page, tu vas découvrir les différentes étapes de la construction d'un navire.

A LA FIN DE LA LECTURE TU AURAS UN PETIT QUESTIONNAIRE.








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CHANTIER NAVAL ST- NAZAIRE / FRANCE












La conception d'un bateau passe par différentes phases :


 à partir d'un programme ou d'un cahier des charges, l'architecte naval crée un premier schéma (dessin), évalue les dimensions, les espaces et le déplacement.



 À partir de là, un avant-projet peut être réalisé incluant la forme de la carène (partie immergée de la coque), le profil général et une première estimation de la puissance des moteurs. Une fois ces données fixées, le projet en tant que tel peut être défini.




Plan d'ensemble




 

 
Un dossier de projet comprend typiquement un plan d'ensemble, le plan de formes, divers plans de structure et de construction que le chantier utilisera, dont une coupe au maître.





File:Lines plan fr.svg
Un plan de formes







Construction 

 
La construction a lieu dans un chantier naval ; elle peut durer de quelques mois pour une unité produite en série (plusieurs exemplaires), à plusieurs années.



 Le mode de construction est dicté principalement par le matériau de la coque et par la taille du bateau. 



la coque d'un cargo en acier est réalisée en plusieurs blocs soudés les uns aux autres au fur et à mesure qu'ils sont construits.














Saint-Nazaire poursuit la construction du paquebot de Kadhafi


De manière générale, la construction commence par la coque (et par la pose de la quille dès que le bateau dépasse une trentaine de mètres), dans une cale sèche ou à terre.




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Les hélices

File:Brosen propeller rudder.jpg

Une fois celle-ci assemblée et éventuellement peinte, elle est lancée par le côté ou par l'arrière, ou par submersion si elle se trouve dans une cale inondable.

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Cale inondable
 
 
 
 
 
Actuellement, les grands chantiers navals, comme celui de St NAZAIRE, dispose de plusieurs cales inondables.

 
 Ainsi la cale de fabrication inondable est plane et en dessous du niveau de la mer.
Une écluse permet de la vider afin de travailler au sec.
 Dans cette cale, on installe un édifice en métal pour permettre l’assemblage des différentes parties du bâtiment.
 Lorsque la coque est terminée et que le navire peut flotter et se propulser, on retire toutes les pièces qui ont permis de le concevoir.
 Enfin on fait rentrer l’eau dans la cale pour que le navire puisse flotter.


 
 





MSC Fantasia Building in St Nazaire




 On déplace ensuite le bateau sur le quai d'arrimage pour achever son armement.
La superstructure est ensuite posée et les travaux de finition permettent d'installer les emménagements et équipements.
Une fois terminé, le bateau est livré au client. Le lancement et la livraison donnent souvent lieu à une cérémonie pour un bateau d'une certaine importance : la cérémonie de baptême .
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QUESTIONNAIRE CONSTRUCTION PAQUEBOT :



1. Comment s'appelle celui qui conçoit le bateau ?
2. Que comprend un dossier de projet ?
3. Où la construction a-t-elle lieu ?
4. Comment la coque d'un bateau en acier est-elle réalisée ?
5. Par quelle partie du bateau la construction commence-t-elle ?
6. Quand la quille est-elle posée ?
7. Qu'est-ce qu'une cale inondable ?
8. Que faut-il faire avant d'inonder la cale ?
9. Où déplace-t-on ensuite le bateau ?
10. Que se passe-t-il lors du lancement ?